AMAP et Groupements d’Achat : de nouveaux partenariats à créer
Depuis quelques semaines, plusieurs AMAP nous ont contactés car elles se questionnent sur leurs partenariats :
Peut-on engager un partenariat AMAP avec une production non locale ? Avec un intermédiaire qui livrerait une production lointaine ?
Ces questions sont légitimes dans le partenariat, et il est parfois complexe d’y répondre ! Pour aider les AMAP à y répondre, nous vous proposons quelques éléments pour nourrir vos réflexions, et vous poser les bonnes questions avant de démarrer vos prochains partenariats !
1/ Quelques questions à se poser avant de démarrer : qu’est-ce qui fait que mon partenariat est un partenariat AMAP* ?
*éléments repris de la fche “les fondamentaux en AMAP” du réseau AMAP IDF – A retrouver dans son intégralité ici
A/ La contractualisation
Pourquoi ? L’AMAP n’est pas un intermédiaire commercial et le moment de livraison en AMAP n’est pas un moment d’échange marchand. C’est pourquoi la rédaction d’un contrat d’engagement et de préfinancement de la production est nécessaire. Ce contrat a pour but de définir les termes du partenariat, les droits et engagements des deux parties et de formaliser leur consentement.
B/ Le préfinancement
Le paiement (ou engagement de paiement via la remise de tous les chèques encaissés au fil de l’année mais remis en amont) de l’intégralité de la production à la signature du contrat est un élément fondamental d’un partenariat AMAP.
Pourquoi ?
- Le préfinancement de la production permet une avance de trésorerie pour le·la paysan·ne et sécurise la production.
- Le préfinancement permet d’appliquer la solidarité en cas d’aléa : un élément fondamental de l’esprit AMAP.
- La vente au déballage (ventes de marchandises effectuées sans autorisation dans des locaux ou sur des emplacements non destinés à la vente au public de ces marchandises) est totalement interdite par la loi.
L’absence d’intermédiaire
Point charte : Le principe 5 de la charte des AMAP précise que « Amapien-ne- s et paysan-ne-s en AMAP s’engagent mutuellement sans intermédiaire à partager la production pour une période donnée »
Pourquoi ? L’absence d’intermédiaire est primordiale car l’AMAP, loin d’être un simple circuit de commercialisation, a pour but de soutenir un·e paysan·ne et de sécuriser sa production face aux aléas. La présence d’un intermédiaire ne permet pas un véritable engagement envers le·la producteur·rice et rien n’assure que le paiement soit fait en totalité à ce dernier.
Par ailleurs, l’AMAP répond aux règles du commerce en vente-directe (zéro intermédiaire). En introduisant un intermédiaire, elle entre dans une autre forme de commerce dont les règles (impôts commerciaux, etc.) sont différentes.
Contrat solidaire
- Point charte n°1 : « Amapien-ne-s et paysan-ne-s en AMAP s’engagent mutuellement sans intermédiaire à partager la production pour une période donnée, par le biais de contrats solidaires »
- Point charte n°2 : Les amapien-ne-s s’engagent à : « Prendre en compte équitablement avec les paysan-ne-s les fluctuations et aléas inhérents à leur activité »
La solidarité en cas d’aléas est un fondement d’un partenariat AMAP. En effet, elle apparaît comme primordiale dans le maintien à une agriculture paysanne. Alors que la solidarité en cas d’aléas est facilitée pour le maraîchage par le partage de récolte et la diversité des produits proposés, elle est souvent plus difficile à appréhender avec d’autres paysan·ne·s. Cependant celle-ci ne doit jamais être oubliée.
2/ AMAP ou Groupement d’Achat
Ce qui est similaire entre une AMAP et un Groupement d’Achat c’est que les deux associations ont pour but de fournir des aliments de qualités aux mangeurs qui les rejoignent.
Ce qui les distingues, c’est les moyens pour fournir cette nourriture de qualité aux mangeurs
L’AMAP est facilitateur de mise en relation des mangeur.euse et des paysan.nes de son territoire avec l’objectif du développement ou du maintien de celui-ci.
L’AMAP n’est pas un intermédiaire dans la contractualisation entre l’amapien.ne et le.a paysan.ne car elle en tire aucun bénéfice, les paiements sont directs entre l’amapien.ne et le paysan.nes.
Le partenariat en AMAP pour les paysan.nes assure une rémunération juste de ces derniers. Des temps de rencontres entre amapien.nes et paysan.nes apportent une dimension d’éducation populaire dans le partenariat
Ces points sont inscrits dans la charte :
Le Groupements d’Achat (GA) n’a pas de texte de référence ou boussole comme il existe en AMAP (La charte des AMAP) mais une définition existe : « Nous appelons groupement d’achat (GA) un groupe de personnes se constituant dans le but d’acheter en commun à des producteurs et/ou des intermédiaires des produits locaux et/ou issus de l’Agriculture Biologique (avec ou sans label) en faisant le choix (ou non) d’un mode de production paysanne et artisanale. » Définition de Passerelle Eco n°33 – Printemps 2009
Le GA peut être soumis aux impôts commerciaux et est obligatoirement constitué en association.
Le GA permet aux mangeurs :
- d’étendre à des produits non-alimentaires, artisanaux, non-locaux etc .;
- d’avoir des prix attractifs par le volume d’achat collectif et de gagner sur les marges par rapport à un achat avec un intermédiaire (commerçant).
Il n’y a pas de pré-paiement, seuls les achats livrés sont payés au terme inscrit sur la facture.
Le GA peut être éthique et solidaire dans les choix de ses fournisseurs/circuits d’achat mais il doit l’inscrire dans ses valeurs.
Comment créer un Groupement d’Achat : à lire
Exemple d’un Groupement d’achats: GAStronomes
L’AMAP et le Groupement d’Achat sont complémentaires en étoffant l’offre des produits proposés et livrés aux mangeur.euses et leurs permettent de sortir du supermarché.